LMNP ou LMP : le bon statut dépend moins du revenu que de votre stratégie

LMNP ou LMP : le bon statut dépend moins du revenu que de votre stratégie

Le passage du statut non professionnel au statut professionnel ne se choisit pas : il se constate, dès lors que deux conditions sont réunies. Beaucoup de loueurs découvrent le basculement après coup, alors qu'il modifie le traitement des déficits, des plus-values et des cotisations sociales.

Le passage du statut non professionnel au statut professionnel ne se choisit pas : il se constate, dès lors que deux conditions sont réunies. Beaucoup de loueurs découvrent le basculement après coup, alors qu'il modifie le traitement des déficits, des plus-values et des cotisations sociales.

Deux conditions, pas une

Le caractère professionnel de l'activité de location meublée s'apprécie au regard de conditions cumulatives tenant au montant des recettes annuelles retirées de cette activité et à leur poids par rapport aux autres revenus d'activité du foyer fiscal. Les modalités précises figurent dans la documentation administrative consacrée au régime fiscal de la location meublée .

Le mot important est « cumulatives ». Un loueur qui perçoit des recettes importantes mais dont les revenus d'activité professionnelle restent supérieurs ne bascule pas. Un loueur aux recettes plus modestes mais sans autre revenu d'activité peut basculer sans l'avoir anticipé.

Cette seconde situation concerne en particulier les retraités et les personnes en interruption d'activité, dont les autres revenus d'activité diminuent alors que les loyers, eux, ne bougent pas. Le statut peut changer sans qu'aucune décision n'ait été prise.

Ce que le statut professionnel change vraiment

Trois différences comptent, et elles ne vont pas toutes dans le même sens.

Le sort des déficits. Chez le loueur non professionnel, les déficits provenant de l'activité s'imputent sur les revenus de même nature, c'est-à-dire les bénéfices tirés d'autres locations meublées non professionnelles, pendant une période limitée. Chez le loueur professionnel, le régime applicable aux déficits est différent, ce qui peut représenter un avantage substantiel les premières années d'une activité déficitaire.

Le régime des plus-values. Le loueur non professionnel relève du régime des plus-values des particuliers, avec ses abattements pour durée de détention. Le loueur professionnel relève du régime des plus-values professionnelles, qui obéit à une logique différente et prévoit des cas d'exonération liés au niveau de recettes et à la durée d'exercice.

Les cotisations sociales. L'exercice à titre professionnel emporte, dans les conditions prévues par les textes, une affiliation au régime de sécurité sociale des travailleurs indépendants, là où le loueur non professionnel supporte des prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine. Le taux global et les droits ouverts ne sont pas les mêmes.

Le calcul à faire chaque année, et pas seulement au début

Le statut s'apprécie annuellement. Une comparaison faite une fois pour toutes à l'achat ne protège de rien.

Trois évolutions déclenchent le plus souvent un basculement non anticipé : le départ à la retraite, qui fait chuter les revenus d'activité du foyer ; l'acquisition d'un bien supplémentaire, qui augmente les recettes ; et le passage d'une location de longue durée à une location de courte durée, dont les recettes annuelles sont généralement plus élevées.

La vérification tient en deux chiffres à relever chaque année : le total des recettes de location meublée du foyer, et le total des autres revenus d'activité du foyer. Leur comparaison, rapprochée du seuil de recettes prévu par les textes, indique le statut applicable.

Pourquoi le statut n'est pas un objectif en soi

On lit régulièrement que le statut professionnel serait « meilleur ». Cette affirmation n'a pas de sens hors contexte.

Il est favorable à un loueur qui construit une activité de taille significative, qui supporte des déficits au démarrage et qui envisage une revente lointaine dans des conditions permettant une exonération de plus-value professionnelle.

Il est défavorable à un propriétaire de deux studios qui souhaitait seulement compléter ses revenus, et qui se retrouve avec des obligations sociales et déclaratives disproportionnées par rapport à l'enjeu.

La bonne question n'est pas de savoir quel statut viser, mais de savoir lequel s'appliquera compte tenu de votre situation, et d'organiser le patrimoine en conséquence.

Les leviers qui existent réellement

Quelques ajustements permettent d'influencer le résultat, à condition d'être décidés avant et non après.

  • La répartition de la détention entre les membres du foyer fiscal, sachant que l'appréciation se fait au niveau du foyer.
  • Le choix entre location de longue durée et location de courte durée, qui pèse fortement sur le niveau de recettes.
  • Le recours à une société, qui déplace la question sur un autre terrain, avec ses propres conséquences fiscales qu'il faut examiner séparément.
  • Le calendrier d'acquisition d'un bien supplémentaire, notamment à l'approche d'un départ à la retraite.

Aucun de ces leviers ne doit être actionné pour la seule raison fiscale. Ils méritent en revanche d'être connus, parce qu'un basculement subi coûte presque toujours plus cher qu'un basculement préparé.

Ce qu'il faut documenter dès maintenant

Quel que soit votre statut actuel, trois documents évitent les mauvaises surprises : le détail annuel des recettes par bien, le détail des autres revenus d'activité du foyer, et le tableau d'amortissement à jour si vous êtes au régime réel.

Ces trois éléments suffisent à répondre en quelques minutes à la question du statut, à n'importe quel moment. Sans eux, la réponse se construit dans l'urgence, souvent au moment de la déclaration, parfois au moment de la vente, c'est-à-dire toujours trop tard pour agir.

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